Billet septembre 2020

COVID-19 : que du négatif?


Nous avons réussi, nous l’avons fait! Nous avons traversé l’été sous l’épée de Damoclès du COVID-19. En tant que consommateurs et consommatrices, nous avons vécu un lot de changements dans nos pratiques et habitudes. Mais imaginez comment le personnel de service client, c’est-à-dire les personnes qui sont sur le plancher et qui répondent aux clients, a vécu cette période. Même au tout début de la crise, lorsqu’on en savait peu sur ce virus, ils devaient aller travailler avec l’inquiétude de ne pas savoir s’ils allaient être infectés ou non. À tous les jours, ils étaient exposés au virus, contrairement aux travailleurs (-euses) qui pouvaient demeurer à la maison (Mull, 2020). En tant que consommateurs (-trices) responsables, ce ne sont pas uniquement nos choix de consommation qui peuvent avoir de l’influence, mais aussi nos comportements. Cette situation étant assez difficile vu l’incertitude liée à cette crise, peut-on ne pas faire subir notre stress à ces personnes qui ont été là pour nous malgré tout? C’est cela aussi, être un consommateur responsable.

Je sais que l’on peut être fatigué d’entendre parler de cette pandémie, et avec raisons! La plupart du temps, les informations transmises traitent de conséquences négatives. Et s’il y avait du bon qui pourrait découler de cette crise? Prenons un peu de recul et essayons de ressortir le positif de la situation.

Un premier élément que j’aimerais souligner, en tant que chercheure, est la collaboration instaurée dans la communauté scientifique afin de trouver des réponses et des solutions concernant la pandémie. Les laboratoires de recherche dans le milieu de la santé ont commencé à échanger, et ce, de façon continue, des résultats de recherche. Et c’est comme cela que se construisent les savoirs, on échange de l’information puis on construit de nouvelles connaissances à partir de ce qui est connu. Non seulement dans le secteur de la santé, nous avons pu aussi constater que la recherche sociale a contribué à sa façon. Par exemple, en Allemagne, des chercheurs ont mis en ligne un sondage visant à récolter des données afin « de permettre au gouvernement, aux journalistes et aux organisations de santé de prendre conscience de la situation psychologique, de mettre en œuvre des réponses adéquates, de corriger la désinformation et aussi de faciliter le changement de comportement, que ce soit par des mesures de communication, des politiques ou des restrictions » (Betsch, 2020). Ainsi, la connaissance des réactions des citoyens permettait de communiquer plus efficacement les mesures à mettre en place pour éviter une trop grande propagation du virus.

D’un point de vue sociétal, on a pu constater qu’il est possible que des citoyens (-nnes) se mobilisent rapidement pour endiguer une situation. En effet, en très peu de temps, les gens ont adapté leur mode de vie pour éviter la contagion (par exemple, télétravail ou repas à la maison), et ce, simultanément dans plusieurs pays du monde. Ceci indique que lorsque des citoyens (-nnes) du monde entier se mobilisent, il est possible de voir des changements majeurs dans nos comportements sans en « souffrir ». Est-ce que ceci pourrait être de bon augure pour des actions visant à minimiser notre impact sur les changements climatiques? Je l’espère bien.

D’un point de vue économique, on sait que la pandémie a fait des ravages. Toutefois, le bon côté des choses est que des initiatives ont été créées afin d’encourager les achats locaux. L’initiative québécoise la plus connue est probablement celle du Panier bleu. Cette plate-forme en ligne, financée par le Gouvernement québécois, permet à des commerçants locaux de s’afficher et ainsi se faire connaître. D’autres initiatives ont été développées dans un secteur en particulier. Par exemple, les Plaisirs gourmets, dont la mission est de sélectionner, distribuer et promouvoir des fromages du Québec, ont donné la possibilité aux consommateurs de recevoir leurs produits directement à la maison. J’en ai d’ailleurs profité! Finalement, sur Facebook, plusieurs pages ou groupes ont été créés afin de faire la promotion de produits locaux. Certains de ces groupes existaient probablement déjà avant la crise, mais leur popularité a pu augmenter. D’ailleurs, un rapport produit par l’Observatoire de la consommation responsable (2020) rapporte que les Québécois ont commencé à acheter davantage d’aliments locaux durant la pandémie.

Le domaine de l’alimentation a connu, lui aussi, quelques ajustements au cours de la pandémie. Dans le cadre d’une recherche sur le gaspillage alimentaire sur laquelle j’ai travaillé cet été, nous avons constaté que le fait de demeurer à la maison a pu avoir des effets favorables sur le gaspillage alimentaire. En effet, les données recueillies à la fin du mois de mai ont dévoilé que la fréquence et la quantité d’aliments jetés avaient diminué comparativement à avant le début de la période de confinement. Ces résultats sont d’ailleurs en lien avec ceux trouvés par l’Observatoire de la consommation responsable (2020). Certaines pratiques rapportées dans cette étude favorisant la diminution du gaspillage ont été adoptées par plus de la moitié des répondants : mieux conserver ses aliments au réfrigérateur/congélateur et être mieux organisé avec la liste d’épicerie. Le gaspillage alimentaire étant une problématique environnementale et économique à ne pas négliger (Gooch & Felfel, 2014), il est à espérer que ces bonnes pratiques perdurent.

Vous trouvez que je vois la vie en rose? Effectivement, je suis le type de personne qui porte des lunettes roses en forme de cœur avec de petits diamants. Que voulez-vous, je préfère voir le meilleur en tout! Je vous rassure toutefois, je ne porte pas des œillères pour éviter de voir les mauvais côtés d’une situation, j’ai conscience qu’ils existent. Par exemple, une grande majorité des étudiants universitaires qui feront leur toute première entrée à l’université cet automne n’auront pas la possibilité d’avoir la traditionnelle activité d’intégration (oui, oui, je parle de l’initiation!). Je vois certains d’entre vous sourire et se dire « oh! Pauvres petits étudiants qui ne feront pas le party… ». Il faut comprendre une chose de cette activité d’intégration, c’est qu’elle permet aux étudiants de se connaître, de diminuer leur stress face à un nouvel univers et de se faire des amis qui deviendront des collègues de classe avec lesquels ils pourront collaborer. Et ce développement de liens sociaux est une partie importante des études. J’encourage fortement les nouveaux étudiants qui lisent ces lignes à profiter de TOUTES les occasions pour échanger avec leurs nouveaux collègues étudiants. Et pour ceux qui sont déjà à l’université depuis quelques sessions, ne perdez pas contact avec les personnes que vous avez côtoyées lors des sessions précédentes. Pourquoi ne pas organiser un 5 à 7 virtuel ou un diner informel en ligne avec quelques-uns d’entre eux? C’est d’ailleurs ce que je ferai avec mes collègues enseignants. Même si nous sommes bien outillés pour travailler à distance, il est important de conserver notre humanité.

Je vous souhaite une bonne rentrée scolaire, chers humains!

 

Jacinthe Cloutier, Ph.D.
Professeure adjointe et directrice des programmes de 1er cycle
jacinthe.cloutier@fsaa.ulaval.ca


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